Quelque chose se passe !
5 mai 2020.
Se peut-il que ?... ai-je bien compris ?...non, je n'ose y croire...serait-ce possible ?
Vais-je bientôt entendre à nouveau ce grincement si caractéristique de ma porte d'entrée ? vais-je recommencer à voir mes livres empruntés et lus ?
Des enfants vont-ils bientôt pouvoir venir chahuter mes collections d'albums si désespérément immobiles et silencieuses ?
Le grand plaisir ! l'immense joie à laquelle je me prépare. La liberté retrouvée !
Mais attention, n'allons pas trop vite. Je perçois dans ce frémissement beaucoup d'inquiétude encore. Il semblerait que les conditions de ma ré-ouverture ne soient pas si évidentes à mettre en place. J'entends mes conduits téléphoniques, je lis dans ma boîte mail des échanges et des discussions de mes bibliothécaires. Il me semble que tout ne va pas revenir à la normale de si tôt. Décidément ce virus a la vie dure. Selon les scientifiques, il est même capable - cet abomifreux coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2) - de survivre plusieurs jours sur les couvertures plastiques de mes livres.
J'imagine Jules Verne en quarantaine, Max et Lili, les zombies de Walking Dead obligés de patienter dix jours avant de revenir à leur place sur mes étagères. Cerise et ses carnets, Margareth Atwood, Claude Ponti... Son Goku... Lisbeth Salander... Terrible !
Je pense qu'il va falloir de la patience. Mon accueil et mon fonctionnement vont être un peu chamboulés. Tant pis, je suis prête à tout pour retrouver mes lecteurs et mes bibliothécaires sans les mettre en danger. Après tout nous ne sommes pas pressés, après deux mois d'arrêt total, quelques semaines de prudence en plus ne représentent pas un effort insurmontable. Nous verrons bien. je m'accroche à cette seule idée : j'ai retrouvé l'espoir.
