Poèmes du printemps 2014 (premiers poèmes)
Nous publions ci-dessous (sur plusieurs articles) les 17 poèmes écrits dans le cadre du Printemps des poètes 2014. Pour nous le thème de cet année est : "Quelle connerie la guerre" et cette phrase doit obligatoirement figurer dans le corps du texte du poème. Les poèmes ci-dessous sont publiés dans leur ordre d'arrivée à la bibliothèque. La plupart des poèmes d'enfants ont été écrits dans le cadre de deux ateliers d'écriture menés en partenariat avec l'Accueil de Loisirs Sans Hébergement de la commune.Vous avez jusqu'au 28 février 2014 inclu pour poster votre poème (pour lire le programme et le règlement, cliquez sur l'affiche ci-dessus). Nous remercions chaleureusement tous les participants de cette éditions.
Encore un bruit sourd,
La peur revient.
Le temps est lourd,
La Mort intervient.
Sa faux détruit tout,
Il n'y a plus d'échappatoire.
J'aimerais pouvoir, avec toi, m'asseoir.
Et me remémorer tous ces moments doux...
Ceux qui n'appartenaient qu'à nous.
Mais, à cause d'eux tu es parti.
Reviens ! Éloigne-toi du bruit !
Non... Tout est fini.
Mais maintenant que l'innocence n'est plus,
Que les gens s'entretuent, la vie est perdue.
Ah ! Quelle déchéance ! Ah ! Quelle connerie !
Ah ! Si ce n'était qu'un cauchemar…
Ah ! Si j'avais pu me réveiller et me dire :
"Quelle connerie la guerre".
Mais c'est impossible.
Le jour a été remplacé par le soir,
L'espoir par le noir.
Plus aucun bruit n'est perceptible.
L'amour n'est plus que haine.
Ceci est mon dernier je t'aime.
Lina Benyahia, 16 ans
Habitant Saint-Maximin
FEMMES DE LA GUERRE
Gérés par l’argent
Ils n’ont que faire des vies
Ils tuent nos enfants
Détruisent en s’enrichissant
Ici on ne vit que sous les canons
C’est notre éternelle musique
Y’a pas de baguette magique
Pour faire taire le bruit
Et étouffer les cris
Femmes de la guerre
Habituées à subir
Habituées à souffrir
Nous n’avons même plus de larmes
Tous ces hommes nous désarment
Et l’on paie bien cher
Meurent les fruits de notre chair
Meurt tout doucement la terre
Puissent un jour les hommes
Ouvrir leur cœur, leurs yeux, leur âme
Et n’être plus infâmes
Assassins d’innocence
Puissent un jour les hommes
Respecter, la vie, la terre
Abolir toutes misères
Alors les saisons reviendront
Et le monde de nouveau tournera rond
Femmes de la guerre
Habituées à subir
Habituées à souffrir
Nous n’avons même plus de larmes
Tous ces hommes nous désarment
Et l’on paie bien cher
Meurent les fruits de notre chair
Meurt tout doucement la terre
Quelle connerie la guerre!
Marie-France Daubigny
Habitant Saint-Maximin
LA PAIX – LA GUERRE – LA PAIX
En ce matin de juillet 1914, le village était en effervescence, c’était jour de moisson. Le soleil, déjà haut dans le ciel d’azur sans nuage, réchauffait la campagne. Ses rayons faisaient briller les arbres et les fleurs embaumaient. Les oiseaux chantaient, la nature était belle.
Sur la route, le pas lourd des chevaux tirait de grandes charrettes de blé, d’avoine ou de seigle, dégageant un indéfinissable parfum.
Les hommes, dès l’aube, étaient au champ. Ils travaillaient avec ardeur et, malgré la sueur coulant sur leur visage, ils souriaient, ils étaient gais, ils étaient libres.
De leur côté les femmes préparaient le repas du midi, elles chantonnaient, elles aussi étaient gaies, les enfants jouaient. Tous étaient heureux de vivre.
- C’ÉTAIT LA PAIX –
Puis soudain les cloches de l’église se mirent à sonner à toute volée, un tintement triste, un mélange de tocsin et de glas. C’était « l’Appel aux Armées ».
Brusquement le temps paru suspendu, le ciel s’assombrit, le soleil disparu, les oiseaux ne chantaient plus, les enfants ne jouaient plus, les visages étaient graves, gaîté et sourires disparurent d’un coup. Les hommes rentrèrent la faux sur l’épaule, le pas lent, le visage fermé. Ils troquèrent leurs habits encore humides de sueur contre un uniforme militaire. Ils firent leurs adieux, les femmes pleuraient, les enfants pleuraient.
Ne pleurez pas, nous serons de retour pour Noël.
Ils prirent leur valise et se dirigèrent vers la gare où le train les attendait pour les conduire vers l’est, vers le front.
- C’ÉTAIT LA GUERRE –
Puis ce fut l’enfer, l’enfer des tranchées boueuses, le froid, la vermine, les poux, la maladie et même les rats. Un enfer qui dura plus de quatre années, offensives sur offensives, malgré l’épuisement et la peur, il fallait sortir baïonnette au canon et cela durait…durait…durait. Des millions d’hommes furent fauchés par les mitrailleuses que j’appellerais les « faucheuses d’hommes » et le sifflement des obus qui en tombant ensevelissaient ces soldats sous des monticules de terre.
Un matin de 11 novembre 1918, soudain un grand silence se fit. Un silence pesant, presque angoissant, les canons se turent, les mitrailleuses ne fauchaient plus.
Les hommes se regardaient un peu hébétés, ils n’y croyaient pas, ils n’osaient pas y croire.
Au loin, on entendit un clairon sonner.
C’était fini, il était 11 heures du matin.
- C’ÉTAIT LA PAIX –
Mais quand même !!! Quelle connerie la guerre.
André Meikle
Habitant Saint-Maximin
